Examens et … résultats


La première chose qu’une femme souhaitant devenir mère devrait faire, c’est d’en parler à son/sa gynécologue. Pour contrôler que tout va bien « là-bas en bas ».

Cela fait déjà plus de deux ans que je ne suis plus sous contraception, en accord avec mon compagnon, mais aucune grossesse ne s’est manifestée. Je n’en ai pas fait grand-cas jusque-là (voir mon post précédent), mais voilà que je commence au fond de moi à me demander si je ne suis pas déjà trop âgée. En fait, je ne me suis jamais posé la question; je me sens jeune, bien dans ma peau, sans problème de santé particulier. Je dirais même que me sens bien mieux qu’à 30 ans, autant au niveau psychologique qu’au niveau physique. J’ai mûri, grandi, et j’ai atteint une certaine sérénité intérieure, bref c’est enfin le bon moment. Mon cycle me semble encore normal, régulier, rien qui puisse m’indiquer la moindre anomalie à ce niveau.

Ma gynécologue a su me comprendre lorsque je lui ai dit que je souhaitais approfondir les examens, faire un bilan. Elle le comprend d’autant mieux qu’en Suisse, la plupart des cliniques refusent les traitements au patientes âgées de plus de 43 ans. Allons-y pour les tests, donc.

Outre les contrôles usuels, la première étape commence par une prise de sang au 3e jour du cycle. FSH, Estradiol, AMH,  LH, voilà des abbréviations dont j’ai à peine entendu parler durant les 42 ans de mon existence et qui, l’apprendrai-je plus tard, vont faire toute la différence.

Parce que j’ai beau avoir déjà vécu un peu, je dois avouer que le monde de la reproduction humaine est pour moi une terra incognita. Bien entendu, je sais comment se font les bébés, et que ce n’est pas si simple pour certaines femmes pour des raisons diverses et variées; que la médecine peut parfois amener son petit coup de pouce. Je me doute au fond de moi qu’à 42 ans, il est possible que ce coup de pouce soit nécessaire.  Mais cela s’arrête à peu près là. Enfin presque. J’ai aussi travaillé durant plus de 10 ans dans l’une des pharmas spécialisées dans les traitements de l’infertilité, bien que la santé ne soit pas mon domaine. Alors les produits, je sais qu’ils existent, je sais même comment ils fonctionnent — en théorie.

Mais revenons à nos bébés… euh nos examens : examens sanguins donc à J+3, puis échographie à J+10. Un moment assez émouvant quand même, j’ai un follicule, je le vois, et je réalise que je ne sais même pas ce que c’est qu’un follicule, en réalité. Je ne sais pas si c’est bon signe ou pas d’en avoir un, sur le moment il ne me vient même pas à l’idée d’interroger le médecin (depuis, je vous rassure, je me suis documentée !)

Il y a aussi le résultat des examens sanguins de J+3.

Et ça n’est pas très bon. Enfin c’est ce que me dit le médecin. La FSH (Follicle-Stimulating Hormone) est élevée (plus de 25); elle m’explique qu’en général, au-delà de 12 on envisage plus les traitements hormonaux pour la FIV (Fécondation in vitro). La FSH étant l’hormone qui stimule la production folliculaire (mon ami google m’a appris entre-temps que c’était ce qui abritait mon ovule), on pourrait penser que plus on en a, mieux c’est. Or, c’est l’inverse qui se produit; en réalité, mon corps est déjà en « hyperstimulation » de FSH, c’est-à-dire qu’il produit déjà plus d’hormones que la normale pour induire l’ovulation. Comme une partie des traitements hormonaux vise justement à générer cette stimulation ovarienne, elle ne serait pas forcément efficace dans mon cas. Et c’est un signe de pré-ménopause.

Alors que je reçois cette information de la bouche de mon médecin, je sens bien que ce n’est pas très bon signe. Je suis abattue, mais je me dis qu’on trouvera bien une solution. La médecine fait tellement de miracles ces temps ! Ma gynécologue me suggère de prendre rendez-vous chez une spécialiste de l’infertilité, et de voir avec cette dernière quels traitements pourraient être envisagés. Mais, au détour d’une phrase, elle lance une petite phrase anodine : « Vous devriez peut-être envisager le don d’ovocytes ». 

J’absorbe la chose, sans trop comprendre ce qu’elle vient de me dire. Un don ? D’ovocytes ?

Elle me précise : « Ce n’est pas autorisé en Suisse ». Ben voyons, ça m’aurait étonné, aussi.

Mais c’est hors de question, forcément. Si un jour j’ai un enfant, il sera de moi, de moi et de mon compagnon, il sera un mélange de nous deux, de nos gènes. Il doit  y avoir d’autres solutions.

Je sors de chez le médecin avec une prescription d’acide folique et un joli livret (sponsorisé par un laboratoire) nommé « Carnet de Grossesse ». C’est tellement ironique que je me demande si je dois en rire ou en pleurer.

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